ALERTE SYNDICALE

Une communication syndicale fondée… et aujourd’hui validée par les faits

Chers collègues,

En décembre 2025, notre organisation a mené un sondage auprès des salariés de Capgemini sur l’intelligence artificielle (IA) et l’avenir du travail.

À ce moment-là, aucune annonce officielle n’avait encore été faite concernant un plan de suppressions de postes. Pourtant, les résultats faisaient clairement apparaître une crainte majoritaire que l’IA soit utilisée comme levier économique, au détriment de l’emploi, des compétences et des conditions de travail.

L’annonce de Capgemini, le 20 janvier 2026, d’un plan de départs volontaires pouvant conduire à la suppression de jusqu’à 2 400 postes en France (Les Echos https://investir.lesechos.fr/actu-des-valeurs/la-vie-des-actions/capgemini-envisage-de-supprimer-jusqua-2400-postes-en-france-2210666), explicitement justifié par les mutations technologiques et l’IA, confirme la pertinence et la justesse des alertes exprimées par les salariés.

Ce sondage n’était ni anxiogène, ni idéologique il a mis en lumière une réalité sociale que la direction confirme aujourd’hui par ses décisions.

Ce que montre le sondage : une défiance rationnelle, pas un rejet de l’IA.  Les résultats sont sans ambiguïté :

  • Plus de 60 % des salariés n’expriment pas de confiance claire dans l’usage de l’IA par l’entreprise.
  • Les salariés identifient des opportunités réelles, mais uniquement si l’IA reste un outil d’aide.
  • La crainte dominante porte sur l’emploi, en particulier :
    • les suppressions de postes,
    • l’impact sur les juniors,
    • la perte de savoir-faire.

Le sondage montre que les salariés ne rejettent pas l’IA, mais refusent une IA subie, opaque et utilisée comme justification à des restructurations.

Une stratégie d’entreprise qui alimente les inquiétudes

L’actualité renforce les interrogations :

  • suppressions de postes en France,
  • investissements massifs dans l’IA (rachat de WNS pour 3,3 milliards de dollars),
  • discours sur la « transformation » et la « compétitivité ».

Pour les salariés, et conformément aux réponses du sondage, cette stratégie donne le sentiment :

  • d’un décalage entre discours et réalité sociale,
  • d’une transformation menée sans garanties collectives,
  • d’une IA perçue comme outil de rentabilité avant d’être un progrès partagé.

Ce que nous demandons : ouvrir enfin le débat de fond

Notre organisation, bien que non représentative en raison de sa création récente au sein de Capgemini et de l’absence de participation aux élections du CSE à ce stade, estime néanmoins légitime de porter ces constats issus du terrain.

Nous demandons :

  • une information complète et transparente sur la stratégie IA,
  • une consultation spécifique sur ses impacts emploi, compétences et conditions de travail,
  • des engagements clairs sur :
    • la préservation de l’emploi,
    • la formation et la reconversion,
    • la protection des parcours juniors,
    • le non-usage de l’IA comme outil de sélection ou d’exclusion.

Ces demandes ne sont pas idéologiqueselles sont directement issues de l’expression majoritaire des salariés.

Message aux élus CSE et aux syndicats représentatifs

Le sondage démontre que :

  • les inquiétudes étaient connues avant les annonces,
  • elles étaient structurées et argumentées,
  • et elles sont aujourd’hui confirmées par les faits.

Nous appelons les élus et organisations représentatives à :

  • s’appuyer sur ces résultats,
  • exiger des réponses précises et chiffrées,
  • inscrire la question de l’IA comme enjeu central du dialogue social, et non comme un simple élément de contexte économique.

En résumé :

Notre démarche n’avait pas pour objectif d’anticiper une restructuration, mais de donner la parole aux salariés.

Les annonces récentes montrent que cette parole était lucide, pertinente et prémonitoire.

L’IA ne doit pas devenir l’alibi d’une transformation sociale imposée.

Elle doit faire l’objet d’un débat collectif, éclairé et encadré.

Laisser un commentaire